Cancer de l’ovaire, pourquoi ce diagnostic arrive souvent trop tard

Patiente en examen gynécologique
Image d'illustration. L’essentiel sur le cancer de l’ovaire. — ADN

Souvent repéré à un stade avancé, le cancer de l’ovaire reste le plus meurtrier des cancers gynécologiques en Occident. Voici l’essentiel à retenir.

En bref

  • Le diagnostic arrive souvent à un stade avancé
  • Plusieurs facteurs augmentent le risque
  • La chirurgie pèse lourd dans la survie

Le cancer de l’ovaire reste un cas à part, parce qu’il avance souvent sans signe vraiment spécifique. C’est ce qui explique une bonne part des diagnostics tardifs, et donc l’importance du sujet. En Occident, c’est la première cause de décès par cancer gynécologique.

D’après la Sociedad Española de Oncología Médica, entre 70 % et 80 % des cas sont repérés à un stade avancé. La raison est connue, l’absence de symptômes précis au début de la maladie, avec en plus une détection parfois compliquée par les outils de dépistage.

Pourquoi cette maladie passe souvent sous les radars

Le cancer de l’ovaire prend naissance dans les ovaires ou dans des tissus très proches, notamment les trompes de Fallope. Dans pas mal de cas, il est découvert quand il s’est déjà étendu à des structures voisines du pelvis ou de l’abdomen. Là, le traitement devient plus difficile.

À l’inverse, quand la maladie est identifiée tôt, avant sa propagation hors de l’ovaire, les chances de la contrôler sont meilleures. C’est un point central. Et sur le plan du traitement, ce qui pèse le plus sur la survie, c’est l’ablation complète de la maladie visible.

Des facteurs de risque connus, sans cause unique

Il n’existe pas une seule cause qui expliquerait l’apparition de ce cancer. La maladie est liée à plusieurs facteurs de risque, mais en avoir un, ou même plusieurs, ne signifie pas qu’elle se déclarera forcément.

Parmi les facteurs cités, on retrouve d’abord l’âge, la plupart des cas étant diagnostiqués après la ménopause. Les antécédents familiaux et certaines altérations génétiques héréditaires font aussi partie des éléments qui ne peuvent pas être modifiés.

D’autres facteurs sont évoqués par la SEOM, comme le surpoids ou l’obésité, surtout pour certains types de tumeurs. Le recours à un traitement hormonal substitutif après la ménopause, avec œstrogènes seuls ou associés à la progestérone, est aussi associé à une légère hausse du risque. Enfin, le fait de ne jamais avoir été enceinte ou de ne pas avoir eu d’enfant est présenté comme un autre facteur favorable à la maladie.

La chirurgie reste au centre du traitement

Le traitement dépend du stade de la maladie, du type de tumeur et de l’état clinique de la patiente. Sa prise en charge repose sur une équipe multidisciplinaire, avec notamment des gynécologues oncologues et des oncologues médicaux.

La chirurgie fait partie des bases du traitement. Son objectif est clair, retirer la tumeur et supprimer toute la maladie visible. Selon l’étendue du cancer, l’intervention peut concerner un ovaire, les deux, les trompes de Fallope, l’utérus ou d’autres tissus atteints. Dans certains cas précoces, une chirurgie conservant la fertilité peut être envisagée.

La chimiothérapie est souvent associée à l’opération, avant ou après, et administrée surtout par voie intraveineuse. Il existe aussi des thérapies ciblées, comme les inhibiteurs de PARP ou le bevacizumab, utilisées avec d’autres traitements ou en entretien chez certaines patientes pour limiter le risque de rechute. Les soins palliatifs, eux, peuvent intervenir à n’importe quel moment pour soulager les symptômes, contrôler la douleur et préserver la qualité de vie.

Benjamin

Spécialiste Santé

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