Qu’est-ce que l’asparagine ? Faut-il s’en méfier ?

Par Falimalala 
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Selon vous, quel est le point commun entre l'asperge, la volaille et le porc ? Ces aliments contiennent tous de l'asparagine. Cet acide aminé favoriserait pourtant la propagation d'un cancer particulièrement mortel. Explications.

Qu’est-ce que l’asparagine ?

Formule et rôle de l'ASN, un acide aminé non essentiel

L’asparagine est le premier acide aminé identifié par les scientifiques. C'était en 1806 et c'est Louis-Nicaolas Vauquelin qui l'a découvert. Il étudiait alors les asperges, d'où son nom. Il fait partie des 22 acides aminés pouvant entrer dans la composition des protéines.

L'asparagine possède deux groupements fonctionnels, comme tout acide aminé : un groupe carboxyle (COOH) et un groupe amine (NH2). Sa chaîne latérale est la suivante : -CH2-CO-NH2.

Hydrophile et polaire, ce composé alimentaire est utilisé par l’organisme dans la biosynthèse de l’ammoniac. Même si c’est un acide aminé non essentiel, il joue un rôle significatif dans le bon fonctionnement des neurones.

Un composé alimentaire commun

L’asparagine est loin d’être un acide aminé rare, loin de là. Il s’agit même d’un composé alimentaire commun, présent en grande quantité dans les asperges. Les légumineuses, les noix, le soja, les œufs, la volaille, le porc et le bœuf en contiennent également en quantité non négligeable.

Autrement dit, cet acide aminé est quasiment omniprésent dans notre régime alimentaire. Pourtant, des chercheurs de l’Université de Cambridge ont formellement identifié le rôle de l’asparagine dans la propagation d’une forme de cancer du sein particulièrement mortel. L’étude a été publiée dans la revue Nature.

Les bienfaits de l'asparagine

L'asparagine permet notamment d'aider à augmenter l'endurance physique par son intervention dans la production d'énergie. Des compléments d'asparagine et d'aspartate aident les sportifs à retarder l'épuisement du glycogène dans le foie et donc à tenir plus longtemps durant leurs efforts physiques intenses.

L'asparagine en complément à l'alimentatio pourrait aussi permettre d'améliorer la sensibilité à l'insuline. Ce serait donc un allié supplémentaire pour celles et ceux qui ont des problèmes de résistance à l'insuline, comme les diabétiques.

Autrement dit, cet acide aminé non essentiel aurait certains bienfaits non négligeables pour l'organisme. Mais il est aussi au centre de l'attention de la part de certains scientifiques. On voit dit tout ci-dessous.

L’asparagine, un acide aminé qui favorise la propagation du cancer ?

Un facteur de propagation prouvé sur les souris

Afin d’étudier l’action de l’asparagine, les chercheurs de l’Université de Cambridge ont utilisé des souris de laboratoire atteintes d’un type de cancer du sein très mortel. Ils ont injecté des doses d’asparagine différentes sur les souris.

Ils ont remarqué que les cellules et les tumeurs cancéreuses se développaient plus rapidement chez les souris qui ont suivi un régime riche en asparagine. Par contre, celles soumises à une faible dose d’asparagine ont vu les tumeurs cancéreuses diminuer.

Une étude validée sur l’être humain

À la lumière de ces résultats, les chercheurs ont appliqué la même méthode sur des sujets humains. Ils ont observé une accélération de la propagation des tumeurs cancéreuses chez les femmes soumises à un régime riche en asparagine.

Les tumeurs mammaires sont particulièrement réceptives aux variations de dose de cet acide aminé. Plus elles contiennent d’asparagine, plus ces tumeurs ont de chances de se propager à d’autres organes.

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Limiter l’apport en asparagine : un choix compliqué

Les chercheurs de l’Université de Cambridge recommandent aux femmes atteintes d’un cancer du sein de réduire leur apport en asparagine. Toutefois, ils reconnaissent volontiers qu’une telle mesure serait difficile à appliquer. Cet acide aminé figure en effet dans quasiment tous les aliments consommés au quotidien. Difficile dans ces conditions ne serait-ce que d'envisager de limiter sa consommation.

Une solution médicamenteuse pour bloquer l’assimilation de l’asparagine

Face à l’impossibilité de supprimer l’asparagine du régime alimentaire, les scientifiques ont soumis l’idée d’un médicament qui empêche l’organisme d’assimiler cet acide aminé non essentiel. Le développement d’un tel traitement prendrait encore des années.

Néanmoins, l’étude menée par l’Université de Cambridge envoie des signaux encourageants pour celles qui souffrent d’un cancer du sein du type « triple négatif ». Une modification du régime alimentaire pourrait en effet optimiser l’efficacité du traitement primaire sur l’organisme et réduire en même temps le risque de propagation des tumeurs.