Prédiabète : ce trouble discret qu’il vaut mieux repérer tôt

Lecteur de glycémie et bandelette
Image d'illustration. Le dépistage aide à éviter le type 2. — ADN

Souvent sans symptôme, le prédiabète peut rester invisible pendant des années. Le repérer tôt permet pourtant de freiner, voire d’éviter, un diabète de type 2.

En bref

  • Le prédiabète ne donne souvent aucun symptôme
  • Une simple analyse peut le repérer
  • Mode de vie et metformine peuvent aider

Un bilan sanguin peut suffire à repérer un prédiabète, un trouble fréquent mais souvent ignoré, alors même qu’il précède le diabète de type 2. Ne pas identifier les personnes à risque fait perdre une vraie marge de manœuvre.

Un état d’alerte avant le diabète

Le prédiabète regroupe plusieurs situations cliniques qui annoncent une possible évolution vers un diabète de type 2. On parle de prédiabète quand la glycémie à jeun se situe entre 100 et 125 mg/dL, quand la glycémie mesurée deux heures après une charge orale de 75 g de glucose atteint 140 à 199 mg/dL, ou quand l’HbA1C est comprise entre 5,7 % et 6,4 %.

Ce ne sont pas de simples variations sans conséquence. Ce sont, selon lui, des situations à haut risque de progression.

Pourquoi il passe souvent sous les radars

Le problème, c’est son silence. Avec ces niveaux de glucose, il n’y a généralement pas de symptômes. Résultat, beaucoup de personnes vivent avec ce trouble pendant des années sans le savoir, souvent faute d’analyses de contrôle.

Prévenir l’apparition du diabète de type 2 permet aussi de repérer et traiter d’autres facteurs de risque cardiovasculaire : Le meilleur traitement du diabète de type 2 est d’éviter qu’il apparaisse.

Les profils qui doivent être surveillés de près

Un dépistage annuel doit viser les personnes en surpoids ou en obésité, avec un IMC supérieur à 25 kg/m2, ou à 23 kg/m2 chez les personnes d’ascendance asiatique, dès qu’un autre facteur de risque s’ajoute.

Parmi eux, on retrouve notamment un parent du premier degré diabétique, l’hypertension artérielle, des triglycérides élevés ou un HDL bas, des antécédents de maladie cardiovasculaire, le syndrome des ovaires polykystiques, l’inactivité physique, ou encore certaines situations liées à la résistance à l’insuline comme l’obésité sévère, l’acanthosis nigricans ou la stéatose hépatique liée à un dysfonctionnement métabolique.

Le test est simple, et l’action peut payer

Pour le diagnostic, le médecin parle d’une démarche simple. Une prise de sang avec glycémie à jeun et, si besoin, dosage de l’HbA1C suffit souvent. Le test oral au glucose sur deux heures est plus sensible, mais aussi plus lourd à mettre en place à grande échelle.

Et il y a une bonne nouvelle, quand même. Le prédiabète peut être freiné, parfois même inversé. Chez les personnes à risque, une alimentation adaptée et davantage d’activité physique peuvent réduire jusqu’à 58 % le risque de diabète de type 2. Plusieurs approches sont jugées bénéfiques, comme le régime méditerranéen, le jeûne intermittent ou une alimentation plus pauvre en glucides. Il ajoute que la metformine, déjà utilisée dans le diabète de type 2, est efficace et sûre en prévention, surtout chez les plus jeunes et chez les personnes avec surpoids important ou obésité.

Benjamin

Spécialiste Santé

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