Pour réduire les blessures lors du footing course, privilégiez fibres, lipides et apport calorique accru, selon une étude

Image d'illustration. Gros plan de bol en bois rempli de grainesADN
Une récente étude met en lumière l'importance de l'alimentation dans la prévention des blessures chez les coureurs, soulignant le rôle clé d'un apport suffisant en fibres, en matières grasses et en calories pour soutenir la pratique de la course à pied.
Tl;dr
- Nutrition influence le risque de blessures chez les coureurs.
- Manque de calories, lipides et fibres = plus de blessures.
- Mieux manger réduit l’inflammation et protège muscles/os.
L’alimentation, un levier insoupçonné contre les blessures chez les coureurs
Il y a peu, une vaste analyse publiée dans le Journal of Science and Medicine in Sport est venue bousculer certaines certitudes sur les causes des blessures liées à la course.
Si l’on savait déjà que près de 80 % des adeptes de longues distances souffrent d’au moins une blessure au fil du temps – un chiffre qui descend à 44 % pour le sprint –, l’étude révèle que la composition du régime alimentaire pourrait peser bien plus lourd dans la balance qu’on ne l’imaginait.
Calories, lipides et fibres : les grands oubliés de la prévention
La méthodologie adoptée impressionne par son ampleur : près de 6 000 coureurs passés au crible via quinze études antérieures. Le constat ? Les sportives blessées consomment en moyenne 449 calories et 20 grammes de matières grasses de moins chaque jour que celles qui restent indemnes.
Même tendance pour les apports en fibres, inférieurs de trois grammes chez les personnes touchées. À l’inverse, protéines, glucides ou calcium n’ont pas affiché d’effet significatif sur la survenue des blessures.
Pour résumer ces points essentiels :
- Apports caloriques insuffisants → risque accru, notamment pour le stress osseux.
- Moins de lipides → absorption réduite des vitamines essentielles aux muscles et os.
- Pauvre en fibres → microbiote affaibli et inflammation favorisée.
D’après Erin Colebatch, diététicienne et autrice principale, il faut désormais considérer la nutrition comme une pièce maîtresse de la stratégie préventive pour les coureurs.
Mécanismes en jeu : pourquoi ces carences fragilisent
La logique derrière ces résultats n’est pas si surprenante : en situation de déficit énergétique, le corps puise là où il peut, parfois dans la masse osseuse plutôt que dans des réserves inexistantes. Les lipides, eux, sont essentiels non seulement pour intégrer certaines vitamines mais aussi pour soutenir la production hormonale ou limiter l’inflammation.
Côté fibres, leur rôle dépasse largement la simple digestion ; elles favorisent un microbiote robuste capable d’agir sur l’immunité et la sensibilité à la douleur.
S’alimenter avec bon sens pour courir sans casse
Au final, si l’alimentation ne fait pas tout – antécédents médicaux et charge d’entraînement restent prépondérants –, ignorer son impact serait hasardeux. Les recommandations s’orientent vers des repas équilibrés incluant suffisamment de calories, de « bonnes » graisses (avocats, noix), de glucides riches en fibres et une dose raisonnable de protéines. Selon l’American Sports and Performance Dietitians Association, entre 50 % et 65 % des calories devraient provenir des glucides, 20 % à 35 % des lipides, le reste étant assuré par les protéines.
Les experts insistent enfin sur le recours à un professionnel de santé pour adapter ces conseils à chaque profil sportif : comme le résume joliment Yasi Ansari, « la nutrition influence autant la performance que le bien-être global sur le long terme ».
