En savoir plus sur l’éjaculation précoce et la durée de pénétration

Homme et femme au lit,sasint/Pixabay
Comment définir l’éjaculation précoce ? Tout le monde s’accorde pour dire qu’elle survient lorsque l’homme éjacule trop rapidement sans moyen de contrôler son éjaculation. Néanmoins, il n’y a pas de définition universelle avec des critères précis.
On évoque souvent une durée limite en deçà de laquelle un homme serait éjaculateur précoce : quelques secondes, 1 minute ou 2 minutes. Nous ne sommes pas partisans de cette approche réductrice qui présente l’acte sexuel comme une performance. Nous considérons que l’éjaculation précoce est davantage liée à la gestion des émotions et du réflexe éjaculatoire qu’à une durée.
Nous partageons l’avis de nombreux experts pour avancer que la meilleure définition de l’éjaculation précoce serait de considérer comme éjaculateur précoce tout homme qui n’arrive pas à contrôler de manière consciente son éjaculation. Lors de la plupart de ses relations sexuelles, un éjaculateur précoce n’arrive donc pas à décider du moment auquel éjaculer.
L’éjaculation précoce, un trouble répandu
En France, dans l’enquête sur la sexualité des français de 1992, 37 % des hommes affirmaient avoir une éjaculation rapide souvent ou parfois. Une étude réalisée par la Société Américaine de Psychiatrie à partir de 22 enquêtes auprès des américains avance que 35 % des hommes sont touchés par l’éjaculation précoce outre-atlantique. Bien qu’encore taboue et peu médiatisée, l’éjaculation précoce est le principal trouble sexuel et le premier motif de consultation des sexologues, largement devant les dysfonctionnements érectiles tels que l’impuissance.
Les différentes familles d’éjaculation précoce
Il n’existe qu’un seul type d’éjaculation précoce. C’est un phénomène complexe et multifactoriel qui peut être dû à de multiples causes. C’est pourquoi une “méthode miracle universelle” pour soigner l’éjaculation précoce n’existe pas.
On distingue deux types principaux d’éjaculateurs précoces :
- primaires : ils en souffrent depuis la puberté.
- secondaires : ils le deviennent au cours de leur vie pour diverses raisons.
La typologie des éjaculations précoce est plus complexe, nous la détaillerons dans un autre article qui classera les éjaculations précoces selon l’origine de ce trouble. Elles peuvent avoir des causes psychologiques ou physiologiques, être liées à une mauvaise connaissance des mécanismes de l’excitation sexuelle et du réflexe éjaculatoire, ou encore à la prise de mauvaises habitudes.
Dans l’immense majorité des cas, l’éjaculation précoce n’est pas une maladie, étant donné que le réflexe éjaculatoire fonctionne parfaitement : ce réflexe est simplement plus rapide que chez d’autres. Le seul cas particulier où l’on considère l’éjaculation précoce comme une maladie est celui des causes physiques et physiologiques : maladies telles que la prostatite ou accidents…
Rassurez-vous donc, chaque type d’éjaculation précoce se traite très efficacement avec des méthodes spécifiques. L’éjaculation précoce n’est en aucun cas irréversible, les récents progrès en sexologie permettent à tout éjaculateur précoce de contrôler son éjaculation et d’avoir une sexualité épanouie.
En finir avec l’image du sexe véhiculée dans les médias
Ne croyez pas ce que vous voyez dans les films, les séries et surtout les films porno. Le sexe y est présenté comme quelque chose de mécanique qui s’assimilerait à une performance sportive. Il suffirait d’appliquer un ensemble de techniques et de passer suffisamment de temps à faire des va-et-vient pour que les deux partenaires soient comblés et aient des orgasmes. Il est temps de briser le culte de la performance relayé par les médias et de comprendre la complexité de l’acte sexuel.
La finalité du coït n’est pas seulement d’avoir un orgasme. Si l’éjaculation était notre seul objectif, beaucoup d’entre-nous préfèreraient se masturber plutôt que d’avoir un rapport sexuel. Or ce n’est pas le cas, nous préférons tous faire l’amour. C’est bien que nous recherchons quelque chose d’autre, le partage d’une intimité, une complicité, la magie de donner du plaisir et d’en recevoir en retour. N’oublions pas que le cerveau reste le principal organe sexuel ! Si on le monopolise pour la recherche de performance en se fixant uniquement des objectifs quantitatifs – de durée, de nombre de va-et-vient, de puissance – on en oublie l’essentiel.
Le culte de la performance est nocif pour les éjaculateurs précoces
Les hommes, et en particulier les éjaculateurs précoces, doivent comprendre que leur objectif n’est pas d’atteindre une certaine durée de va-et-vient avec leur partenaire, mais plutôt une sexualité épanouie dont chaque partenaire est pleinement satisfait.
La durée de va-et-vient est un moyen pour y parvenir, mais ce n’est aucunement une fin. Par ailleurs, cette obsession de la performance entretient une pression très forte qui s’exerce sur les hommes, et en particulier les éjaculateurs précoces car ils y sont plus sensibles. Elle s’avère toujours contre-productive parce que source d’anxiété et de stress, facteurs majeurs dans la perte de contrôle du réflexe éjaculatoire.
Il faut apprendre à dédramatiser, à se relaxer et comprendre que l’intensité de la relation et l’alchimie sexuelle entre les partenaires est très importante. Les phases d’excitation de préliminaires et de postliminaires sont donc aussi essentielles car elles contribuent à cette alchimie.
Regagner confiance pour avoir une sexualité épanouie
Pour libérer son cerveau et son corps de cette obsession de la performance, il faut se sentir en confiance. D’où l’importance de travailler sa capacité à contrôler son éjaculation. En effet, il n’y a pas une formule magique mais différentes façon de faire l’amour selon l’humeur du moment. Le tout est d’avoir les savoir-faire clefs nécessaires pour pouvoir maitriser son corps et laisser libre cours à sa passion.
C’est comme pour le piano : le virtuose n’est pas celui qui est juste très bon techniquement mais celui qui arrive à transmettre une émotion plus intense. Pour cela, il doit avoir un bagage technique minimum qui lui permet de laisser libre cours à sont talent.
Soyons donc clairs à ce sujet. L’important n’est pas de durer 20, 30 voire 40 minutes au cours de l’acte sexuel. L’important est de donner et de recevoir du plaisir et que les deux partenaires en soient pleinement satisfaits. Cela peut durer 5 minutes comme une heure, tout dépend des circonstances et des protagonistes.
