Connaissez-vous la théorie du gène égoïste ?

Par Falimalala 
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Jeune étudiante

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Avez-vous déjà entendu parler de la théorie du gène égoïste ? Ce concept controversé énoncé par Richard Dawkins mérite vraiment le détour. Il pourrait expliquer bien des maux qui touchent l'Homme aujourd'hui.

Pourquoi parle-t-on de théorie du gène égoïste ?

L’Homme serait condamné à faire perdurer ses gènes

En 1976, l’éthologue Richard Dawkins publie l’ouvrage Le gène égoïste, qui s’adresse selon lui aux professionnels, aux étudiants et aux néophytes. Dans ce livre polémique, il s’appuie sur le travail du sociobiologiste Georges C. Williams pour démontrer l’existence d’un système complexe ayant pour seul but la transmission et la survie des gènes. La théorie du gène égoïste peut se formuler comme suit : les organismes vivants constituent de simples machines servant à la diffusion, la survie et la transmission des gènes.

Richard Dawkins, père du gène égoïste

Autrement dit, la fonction première de la vie serait la survie de l’ADN. Les espèces jouent seulement le rôle d’hôtes fabriqués de toutes pièces par les gènes pour se répliquer. La théorie de Richard Dawkins soutient donc que le gène n’est plus ni moins que l’unité de sélection de toutes les formes vivantes pendant l’évolution.

La théorie du gène égoïste soutient donc que l’Homme est le résultat de millions d’années de transmission et de réplication génétique. Le corps humain serait ainsi une machine ultra performante capable de faire perdurer ses gènes pour des générations et des générations à venir.

La thèse de Richard Dawkins est donc que les gènes qui se sont imposés dans les populations sont ceux qui provoquent des effets qui servent leurs intérêts propres (c'est-à-dire de continuer à se reproduire), et pas forcément les intérêts de l'individu ni même dans certains cas de son espèce. Cette vision des choses explique l'altruisme au niveau des individus dans la nature, en particulier dans le cercle familial : ainsi, quand un individu se sacrifierait pour protéger la vie d'un membre de sa famille, il n'agirait que dans l'intérêt de ses propres gènes.

Des preuves plus ou moins justifiables

Richard Dawkins remonte jusqu’au tout début de l’évolution pour justifier sa théorie. Selon lui, avant l’apparition de la vie sur Terre, il n’y avait sur notre planète qu’une soupe non organique constituée de molécules plus ou moins complexes. Après un événement encore non expliqué, une des molécules a acquis la capacité de répliquer des doubles d’elle-même. Ce premier réplicateur serait ce qu’on appelle aujourd’hui gène. Les molécules répliquées agissent également comme des réplicateurs et leurs caractéristiques se sont transmis dans les organismes vivants résultant de leur reproduction.

Lors des réplications successives, des variétés de molécules commencent à apparaître. Dawkins émet alors l’hypothèse selon laquelle seules les gènes les plus stables, les plus performants et capables d’agresser d’autres molécules ou de se protéger sont conservés activement. Les autres gènes continuent d’exister, mais restent inactifs. Cela expliquerait l’existence de gènes communs dans toutes les espèces animales et végétales sur terre.

Dawkins écrit que cette combinaison de gènes qui aide un organisme à survivre et à se reproduire a tendance à améliorer les chances du gène à être transmis. De fait, ces gènes "victorieux" deviennent alors aussi un avantage pour l'organisme. Pensez par exemple à un gène qui protège l'organisme d'une maladie, ce qui permet au gène de se répandre et qui aide aussi l'organisme.

Les conséquences du gène égoïste selon Dawkins

L’esprit de compétition et l’instinct de survie seraient héréditaires

La théorie de Richard Dawkins affirme dont que l’Homme est de nature égoïste à cause de son héritage génétique. Cette caractéristique expliquerait les comportements violents, agressifs et l’esprit de compétition dans le monde animal – y compris celui de l’homme – surtout lorsque les sources de stress sont nombreuses.

L’altruisme est une autre forme d’égoïsme

Cela n’empêche pas toutefois l’entraide, lorsque les ressources naturelles sont abondantes et la densité de population est faible. Cependant, Richard Dawkins explique que cette forme d’altruisme n’est en rien motivée par les bons sentiments de l’espèce.

Dans ce cas précis, l’entraide a lieu seulement parce qu’elle bénéficie à toute l’espèce. Les autres formes d’altruisme seraient « accidentelles », selon l’auteur de cette théorie. Pensez-y la prochaine fois que vous faites un don pour une œuvre caritative…

Succès du livre

Si le sujet vous intéresse, sachez que le livre a connu un énorme succès. Il fut extrêmement populaire lors de sa première publication et il reste aujourd'hui encore très diffusé. Il a ainsi été traduit dans plus de vingt-cinq langues, on le trouve très facilement en librairie.

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